Alors que la décision de quitter l’Union européenne était le fait des seuls Britanniques, elle n’en a pas moins provoqué un choc d’ampleur mondiale. En effet, l’incertitude sur les conséquences politiques et économiques du Brexit est porteuse de turbulences imprévisibles, voire d’une crise potentielle non seulement sur la Grande-Bretagne et l’Europe, mais sur l’économie mondiale.

Un résultat désastreux pour la Grande-Bretagne

Pour la Grande-Bretagne, les chocs ont été ressentis immédiatement. En l’espace d’une seule journée, le Royaume-Uni avait renoncé à sa relation internationale la plus importante, perdu un Premier ministre, vu la valeur de la livre sterling s’effondrer de manière vertigineuse et relancé la perspective de l’éclatement imminent du royaume (Écosse, Irlande).

Pour ce qui est de l’Europe, le Brexit introduit de façon pernicieuse la possibilité réelle d’une désintégration à grande échelle de l’UE au cas où les partis d’extrême droite, qui ont actuellement le vent en poupe dans plusieurs pays, arriveraient au pouvoir. Quant au reste du monde, il suffit de voir l’affolement des marchés boursiers qui a immédiatement suivi l’annonce des résultats du vote.


Le Brexit, de l’imaginaire à la réalité – Photo diamond geezer (Creative Commons)

Des conséquences économiques mondiales dramatiques

De Tokyo à New York, le cours des actions a brusquement chuté, signe que les investisseurs étaient pris de panique et préféraient se réfugier dans des valeurs plus sûres, telles que l’or ou les bons du Trésor américain. Parallèlement, plusieurs banques multinationales implantées à Londres, la capitale de la finance mondiale par excellence, ont laissé entendre qu’elles pourraient déplacer un nombre important d’emplois vers d’autres centres financiers dans l’Union européenne, et y transférer certaines de leurs opérations.

Vers une nouvelle crise européenne

D’autre part, le monde s’étant à peine remis de la crise financière de 2008, on appréhende maintenant l’éventualité d’une nouvelle récession dans l’UE, qui est actuellement le plus grand marché du monde avec ses 500 millions d’habitants. Étant donné que la Grande-Bretagne vend près de la moitié de ses exportations dans le marché commun européen, et étant donné que de nombreuses sociétés multinationales y sont installées afin de servir les clients à travers le continent, tout obstacle est susceptible d’être coûteux et toute perturbation du commerce peut s’avérer fatale aux deux parties.


BREXIT, un mot inventé qui fait beaucoup de points – Photo airpix (Creative Commons)

Et des perspectives mondiales en grand danger


Une Europe ainsi plongée dans la tourmente offrira au reste du monde des perspectives à la fois peu rassurantes et difficiles à deviner.

D’autant que des pays émergents, tels que la Chine ou le Brésil, qui connaissent des ralentissements significatifs dans leurs économies, vont trouver de plus en plus difficile de sécuriser leurs investissements, ce qui limitera la croissance économique à terme.

Quant aux pays lourdement endettés, tels que la Grèce, l’Italie ou le Portugal, les coûts d’emprunt sont susceptibles d’y augmenter et les investisseurs auront tendance à exiger des incitations supplémentaires avant de placer leur argent dans des endroits aussi risqués.


Pour aller plus loin :

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